Sènou Kakpo s'apprête à quitter le Bénin. Dans la chambre de la concession familiale à Godomey, il prépare sa valise — une vieille valise en cuir apparue un matin sans explication. Il y dépose une photo de sa mère, un sachet de terre rouge, son livre le plus cher. Mais à chaque objet glissé entre les parois de cuir, un souvenir s'efface. Un visage se dissout. Un lieu disparaît. Un nom s'éteint. À la douane de Cotonou, on lui demande pourquoi il part. Il ne sait plus. Il ne lui reste qu'un mot, nu et tranchant : fuir. Fuir quoi ? Fuir qui ? Il a oublié. De l'autre côté du voyage, dans une chambre grise et froide, Sènou ouvre sa valise. Elle est vide. Et dans le miroir, un étranger le regarde. La valise est le récit poétique d'un homme qui voulait tout quitter — et que la vie a pris au mot. Une méditation sur l'exil, l'identité et le prix invisible de ceux qui partent. Parce que parfois, ce qu'on emporte est exactement ce qu'on perd.





