Chaque dimanche, la chaise est là. Personne ne s'y assoit. Personne ne pose de questions. Dans la famille Houngbédji, le déjeuner dominical est un rituel immuable. La grande table en bois d'iroko, héritée de l'arrière-grand-père. Les plats de Maman Célestine. Les conversations qui évitent soigneusement un sujet : cette place vide au bout de la table, avec son assiette, ses couverts, son verre. Comme pour un convive invisible. Jusqu'au jour où Sami, huit ans, pose la question que tout le monde redoute : « Pourquoi personne ne s'assoit là ? »





