Rodrigue a quarante ans, deux enfants et des dettes qui l'étouffent. Quand un ami lui parle d'une mystérieuse agence installée dans un immeuble discret de Cotonou — Prospérité & Associés — il y entre sans vraiment y croire. Le contrat qu'on lui propose semble dérisoire : cinquante millions de francs CFA en échange d'une simple privation. Il ne percevra plus jamais la saveur sucrée. Rien que ça. Il signe. Le lendemain, l'argent est là. Les dettes disparaissent. La boutique prospère. La vie, enfin, lui sourit. Mais la douceur est un mot vaste. Plus vaste qu'il ne l'imaginait. Peu à peu, quelque chose se retire. Les mots tendres de sa femme n'arrivent plus jusqu'à lui. Le rire de ses enfants résonne dans le vide. Les parfums, les musiques, les couchers de soleil — tout devient information, rien ne devient émotion. Et quand Rodrigue cherche dans son passé les racines de ce qu'il a perdu, il découvre que le contrat ne s'est pas contenté de prendre son avenir. Il a pris son avant. Le Contrat est une nouvelle fantastique sur le prix de l'ambition, la fragilité de la mémoire, et ce qui reste d'un homme quand on lui retire tout ce qui l'a construit.





