À Dakar, dans un appartement de la Médina qui sent le camphre et le bois ancien, Awa Diallo découvre le métier à tisser de sa grand-mère récemment décédée. Designer textile formée à Paris, sceptique et moderne, elle n'attend de cet héritage qu'un inventaire à régler, des papiers à signer, une peine à faire tenir dans les cases raisonnables du deuil. Mais la première piqûre d'aiguille ouvre quelque chose qu'elle n'avait pas prévu : une vision. Une place lumineuse, des femmes en procession, une cité disparue dont personne n'a gardé trace dans les livres d'histoire officiels. Le royaume de Lébous-Yaay, effacé depuis des générations, commence à travers les fils à réclamer son existence. Mame Coumba, sa grand-mère, avait passé quarante-cinq ans à tisser en secret. Pas pour décorer — pour garder vivante une mémoire que d'autres voulaient enterrer. Et voilà que Neo-Ethno, une multinationale aux ressources illimitées, frappe à la porte avec une offre élégante : acheter les tissus, numériser les visions, breveter les symboles. Contrôler le passé pour posséder le présent. Awa a une semaine. Une trame inachevée. Et les mains de quelqu'un qui commence seulement à comprendre ce qu'elles sont capables de faire. La Tisseuse de Lumières est un roman de réalisme magique ancré dans le Dakar contemporain, où la tradition devient arme, où le patrimoine culturel est un territoire à conquérir, et où une jeune femme découvre que certains fils, une fois tissés, ne peuvent plus être défaits. « Ces fils ne racontent pas. Ils ouvrent. »





