Lagos ne dort jamais, ne ralentit jamais, ne pardonne jamais les hésitations. Adaeze Okonkwo le sait depuis l'enfance, depuis les embouteillages du pont Carter Bridge où elle vendait des chargeurs de téléphone avec sept ans de retard sur tout le monde et une avance sur tout le reste. Elle observe. Elle note. Elle calcule. Dans le chaos visible de la plus grande ville d'Afrique, elle voit une structure que personne d'autre ne regarde : cent soixante mille vendeurs de rue qui connaissent chaque croisement, chaque habitude, chaque besoin de la ville, et qui travaillent en parallèle sans jamais se coordonner. StreetSmart est née de cette observation. Une application ? Non — un réseau. La technologie au service des gens, pas à leur place. Mais Lagos ne laisse rien grandir tranquillement. Les Area Boys perçoivent leur dîme. Un investisseur brillant arrive de Londres avec un chèque et des conditions qui ressemblent à de la liberté jusqu'à ce qu'on lise les petits caractères. Mama Ngozi veut que sa fille se marie. Et quand un blackout total paralyse la ville pendant soixante-douze heures, coupant les banques, les serveurs et les générateurs, c'est l'heure de vérité : ce réseau tient-il sans le courant ? La confiance, ça résiste à quoi exactement ? Lagos, Cœur de Feu est le roman d'une révolution tranquille — celle d'une jeune femme qui décide que l'Afrique n'a pas besoin d'importer ses modèles, qu'elle en a déjà, qu'ils fonctionnent dans la boue et la chaleur et le bruit, et qu'ils méritent juste qu'on les regarde avec les bons yeux. « Lagos ne t'appartient pas. Mais Lagos peut t'appartenir si tu apprends à lui parler dans sa langue. »





